Elaeis guineensis et la production d'huile de palme

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Elaeis guineensis et la production d'huile de palme

Message  jardinierpalmiertrat le Lun 8 Sep 2014 - 13:00

Elaeis guineensis est un palmier originaire d'Afrique de l'ouest, et qui est présent de nos jours, dans un grand nombre d'exploitations agricoles tropicales du continent Africain , d'Amérique du sud  avec notamment l'Equateur, mais aussi du continent asiatique et principalement la Malaisie.

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                                                                                 Credit photo: Franz Eugen Köhler

Cette exploitation intensive de ce palmier a pour but pour d'extraire de ces fruits : l'huile de palme.
L'huile de palme fait partie des matières premières émergentes qui ont fait irruption sur le marché mondial au cours de ces 30 dernières années et dont le poids ne cesse d'augmenter aussi bien pour les pays producteurs que pour les pays consommateurs. On notera pendant cette période une évolution tout à fait similaire entre l'huile de palme et l'huile de soja, passée de quelques millions de tonnes dans les années 60 à environ 30 millions de tonnes aujourd'hui. Mais le rendement du palmier est environ 10 fois supérieur à celui du soja.
Les besoins mondiaux en huile de palme sont à long terme très élevés pour répondre aux demandes de l'industrie agro-alimentaire et de l'oléochimie, mais aussi depuis peu aux demandes croissantes en biocarburants. L'huile de palme est majoritairement consommée dans les pays en développement fortement peuplés (Chine, Inde, Indonésie, Nigéria, etc.), mais l'Europe est devenu le second importateur derrière la Chine.
Les palmeraies et les huileries, ainsi que l'ensemble des services liés à la production, contribuent à développer des économies locales dans des lieux souvent pionniers, et environ 4 millions de personnes dans le monde vivent de cette industrie. Mais les surfaces plantées en palmier à huile ont augmenté considérablement ces dernières années, surtout en Asie du Sud-est, le plus souvent au détriment de la forêt et sans précautions particulières. Ceci pose des problèmes sérieux en terme de préservation de zones à haute valeur de conservation, d'érosion de la diversité biologique, mais aussi de pollutions diverses dues au pratiques d'exploitation.
La culture du palmier à huile a pris son essor dans les années 1960, à l’époque des décolonisations. La Malaisie a été le fer de lance de ce développement suivie, une quinzaine d’années plus tard, par l’Indonésie. En Afrique, des sociétés d’Etat se sont simultanément lancées dans cette aventure, avec des impacts plus modestes. En Amérique latine, Thaïlande, Papouasie-Nouvelle-Guinée… c’est surtout le secteur privé qui a joué un rôle clé dans l’émergence de cette filière.

Jeune culture à Rayong-Thailande
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De toutes les espèces végétales, le palmier à huile (Elaeis guineensis) est celle qui accumule le plus d’huile dans son fruit. C’est aussi dans son fruit que l’on trouve des quantités exceptionnelles de bêta-carotènes, ou provitamines A, qui jouent un rôle majeur dans la nutrition et la santé. Mais les bases moléculaires du développement et de la maturation ont été peu étudiées chez ce fruit charnu de monocotylédone, contrairement à ceux d’espèces dicotylédones comme la tomate ou la vigne, considérés comme des modèles pour l’étude des fruits charnus. Pour connaître précisément les mécanismes en jeu, une équipe du Cirad et de l’IRD a entrepris une étude des voies de biosynthèse de ces molécules dans le mésocarpe, la partie charnue du fruit. Elle a utilisé le séquençage du transcriptome (ensemble des ARN) à haut débit, une technique qui permet de quantifier l’ensemble des produits de transcription, ou transcrits, d’un génome dans un tissu donné et fournit donc une information sur le taux d’expression des gènes.
Les voies de biosynthèse de l’huile
Grâce à cette technique, il a été possible d’annoter et d’identifier 29 034 transcrits présents dans le mésocarpe. Au total, seulement 2 629 gènes sont exprimés de manière différentielle au cours du développement de ce tissu. Les chercheurs ont ensuite recherché, parmi ces gènes, les mécanismes pouvant expliquer l’exceptionnelle accumulation d’huile et de caroténoïdes dans le mésocarpe.
En réalisant une analyse fine de leur patron d’expression, ils ont décrypté les voies de biosynthèse de l’huile et mis en évidence une très forte régulation des étapes précoces de la fabrication de novo des acides gras, qui est réalisée dans les plastes, et une faible régulation au niveau transcriptionnel de l’assemblage des triglycérides (3 acides gras estérifiés sur une molécule de glycérol) dans le réticulum endoplasmique. Le facteur de transcription Wrinkled (WRI1), connu pour être associé à la régulation de la synthèse des lipides dans la graine, a aussi été identifié dans le mésocarpe de palmier à huile. En revanche, les activateurs de WRI1 décrits dans les graines oléagineuses n’ont pas été trouvés, ce qui suggère que d’autres facteurs de régulation sont impliqués dans ce fruit.
Un processus de maturation original
L’accumulation massive de caroténoïdes et la biosynthèse de l’acide abscissique qui la suit sont deux caractéristiques de la maturation du fruit du palmier à huile. Comme pour les acides gras, il existe un contrôle transcriptionnel majeur au cours des premières étapes de la synthèse des caroténoïdes.
Les chercheurs ont mis en évidence une forte coordination des gènes associés à cette biosynthèse et la signalisation de l’éthylène, une hormone clé de la maturation des fruits climactériques. Par ailleurs, ils ont identifié des gènes régulateurs appartenant à la famille des facteurs de transcription MADS, décrits chez les espèces modèles de dicotylédones comme des régulateurs majeurs de la maturation des fruits. Sur la base de l’expression de ces gènes, les analyses ont révélé un nouveau groupe de gènes MADS potentiellement associé à la maturation. Il existe donc des divergences entre les mécanismes de régulation du développement d’un fruit charnu de monocotylédone et ceux identifiés chez les espèces dicotylédones modèles.
Ces résultats révèlent pour la première fois le déterminisme moléculaire de la biosynthèse de l’huile chez cette espèce, une composante clé du rendement agronomique. Le palmier à huile peut désormais être considéré comme un modèle original pour l’étude de la maturation des fruits chez les espèces tropicales monocotylédones.

Infrutescence d'Elaeis guineensis

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Re: Elaeis guineensis et la production d'huile de palme

Message  Admin le Ven 12 Sep 2014 - 22:10

Merci pour cet article fortement intéressant, on ne le dit jamais assez. Smile
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http://www.societepalmophilefrancophone.org/

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Re: Elaeis guineensis et la production d'huile de palme

Message  jardinierpalmiertrat le Jeu 5 Fév 2015 - 20:38

Une jeune production d'élaeis guineensis en Thaïlande:

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On récolte dés la quatrième année

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les plantules:

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